Conscience intéroceptive et défigement neurosensoriel : 2ième et 3ième étapes du PEACE

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2ième étape : reprise en main de notre vie et passage à l’action.

Cette seconde étape est cruciale et poursuit plus en profondeur le travail de défigement amorcé lors de la première étape, mais cette fois en stimulant le système nerveux orthosympathique qui nous autorise à passer à l’action, à oser, à agir, à faire. Cette étape n’est accessible que si le système nerveux parasympathique lent a entamé le défigement de l’énergie qui était resté bloquée dans la première étape.

Lors d’une expérience de votre enfance, vous n’avez pu fuir ou combattre, répondre à papa ou à maman, dans un moment où vous sentiez que ce qu’on vous demandait ou reprochait était injuste. Vous ne vous êtes pas autorisé à leur dire ce que vous ressentiez, votre colère, votre rage/révolte, votre tristesse, votre rancune. Comme tous les enfants, vous avez regardé vos parents comme ceux qui savaient ce qui était bon pour vous, ceux qui étaient censés vous soutenir, puis avec le temps, vous avez pris conscience de votre souffrance régulière ou permanente et vous vous êtes demandé comment ceux qui étaient censés savoir ce qui est bon pour vous, avaient pu vous faire souffrir. Un conflit s’est alors ancré en nous et c’est le début de la souffrance.

Lorsque nous avons souhaité répondre à la situation, fuir ou combattre papa ou maman dans certaines situations insupportables depuis trop longtemps, notre corps et notre système orthosympathique ont mobilisé une énergie considérable afin de sortir de notre prison de l’instant et réagir au danger et à la menace représentés par le comportement perçu de nos parents. Seulement, souvent, par grand respect, par peur de rester seul, de ne plus être aimé ou par allégeance nous avons démissionné, nous nous sommes résignés, car nous avons eu peur comme des enfants et cette énergie s’est alors gelée, figée dans nos fascias, attendant un jour d’être libérée ou pas. État défini par Henri Laborit, comme une attente en tension du moment d’agir de façon efficace et gratifiante pour retrouver notre équilibre biologique, notre bien-être, notre plaisir.

Durant cette deuxième étape, nous souhaitons exploiter cette énergie libérée durant la première étape, cette mobilité nouvelle de nos fascias, nous souhaitons en faire autre chose que de subir et respecter par peur de nos parents. Il s’agit de poursuivre la visualisation de la scène que nous avons choisie à la première étape, puis de nous autoriser à dire, à faire autrement, pour stimuler notre système orthosympathique endormi. Les fascias laissés dans l’oubli du figement et de la peur restent sans nouvelle mobilité, dans la peur et l’oubli, jusqu’au jour oùnous sombrons dans la pathologie.Et la peur d’autrefois nous rappelle alors à l’ordre, cette peur enfouie que nous avions crue oubliée. Mais le corps lui n’oublie jamais. Souvent, vous vous demandez pourquoi vous n’arrivez pas à faire des choix, à finaliser vos projets, pourquoi vous n’osez plus, pourquoi vous vous cachez, pourquoi vous ne prenez pas d’initiatives, pourquoi vous remettez sans cesse vos projets au lendemain. Ce sont vos fascias qui, figés, ne sont pas passés à l’action depuis trop longtemps, générant engourdissement, passivité, résignation, démission.

Durant cette séance de défigement, la personne s’autorise à dire ce qui ne s’est pas dit à l’époque, ce qui ne s’est pas autorisé à sortir, par peur et par culpabilité. À partir du moment où dans la même scène, vous vous autorisez à dire à l’un de vos parents ou les deux, ce qui est resté coincé en vous, dans un mantra court, puissant et libérateur, votre passé est bouleversé en lien avec cette scène. Stéphane Drouet, rappelle que le passé est modifiable au niveau quantique, car il est associé à des perceptions, constituant de l’information en mouvement dans le vide quantique qui crée tous les temps réunis en un seul, l’instant présent. On dit qu’ils sont intriqués ou enchevêtrés. Le passé est une mémoire en mouvement permanent, qui peut évoluer en transformant nos perceptions d’antan. À mesure que cette mémoire du passé se transforme par nos perceptions, c’est la mémoire de notre futur qui est redistribuée, recréée à l’infini sous forme de nouveaux potentiels de vie. Nous vivons alors de nouvelles relations, de nouvelles situations qui correspondent cette fois à notre nouvelle perception de notre passé. Plus de paix, de sérénité, de joie, de gratitude face à la justesse de la vie.

À cette étape du défigement, la personne agit de manière à se respecter, à se faire respecter, à s’autoriser, à s’affirmer haut et fort face au parent qui l’a souvent tant terrorisé. Et à lâcher sa rage, sa colère, sa frustration. C’est une étape cruciale, si elle est vécue totalement et authentiquement. Pourquoi ? Parce qu’elle permet de dépasser le baume illusoire du “ Ce n’est pas si grave, ils (les parents) ont fait comme ils ont pu ”. L’expérience humaine montre que vous ne pouvez vraiment aimer quelqu’un si vous ne vous êtes pas autorisé à lui dire ce que vous avez sur le cœur. L’expression parle d’elle-même ! Ôtez ce que vous avez sur le cœur pour lui permettre de s’ouvrir à l’autre. Qu’est-ce qui nous en empêche à l’âge adulte ? Nous ne nous autorisons pas à sortir notre rage bien souvent et la gardons rentrée jusqu’à nous détruire de l’intérieur, par peur de ressembler par notre agressivité à notre bourreau : celle ou celui que nous avons condamné(e) tout jeune. Cela devient insupportable de ressembler à ce que nous avons le plus condamné autrefois, jusqu’à nous couper de notre furie, de notre rage intérieure. Pourtant les expériences en PEACE, selon Stéphane Drouet, démontrent que c’est lorsque nous nous autorisons à sortir cette rage/révolte bien réelle, refoulée en nous pendant tant d’années, que nous nous autorisons enfin à être nous-mêmes et à découvrir que nous sommes comme notre bourreau. Alors nous pouvons apprendre à le comprendre et à l’aimer sincèrement et profondément pour ce qu’il est : NOUS. Puisque nous sommes comme des miroirs sauf à rester dans cette illusion que nous ne sommes pas ainsi et à poursuivre notre lent travail d’autodestruction. Sans cette étape, le cœur ne s’ouvre pas derrière. Ou alors nous mettons du baume sur ce qui s’est passé, en nous racontant l’histoire que nos parents ont fait comme ils ont pu, qu’ils ne savaient pas, que ce n’est pas si grave finalement, que nous allons oublier. Mais le corps nous rappelle bien souvent notre compromis médiocre avec nous-mêmes, notre mensonge intérieur. D’ailleurs, dès que nous nous retrouvons dans la même situation que naguère, nos fascias nous le rappellent aussitôt et nous remettent dans les tensions, générant colère, rancœur et tristesse. L’adulte a pardonné, mais l’enfant, lui, pleure encore à l’intérieur : c’est l’histoire du baume.

Durant cette étape, vous allez pouvoir répéter à plusieurs reprises le mantra libérateur que vous avez choisi, pour évacuer votre rage et votre rancœur, à haute voix puis en silence. Durant tout ce processus, vous poursuivez ce travail de relâchement et d’abandon dans le corps à votre ressenti. Les fascias se libèrent encore plus profondément, en lien avec le système nerveux orthosympathique qui innerve les fascias.

À ce stade, Stéphane Drouet propose de semer un doute dans le programme qui a engendré la rage en nous, qui a rigidifié nos fascias dans la rage /révolte. Semer un doute afin de déstructurer la cohérence quantique de nos programmes neurologiques rigides, leur stabilité et leur solidité, faisant nos sensations et perceptions rigides. Un programme neurologique du passé en lien avec une expérience traumatisante du passé, dictant nos perceptions d’enfant, est construit à partir d’une multitude de perceptions, de multiples dimensions perceptives qui sont à minima de trois ordres. En prenant l’exemple de l’abandon, cela donnera : “ Tu m’abandonnes ”, “ Je t’abandonne ”, “ Je m’abandonne ”. C’est comme un programme en trois dimensions par lesquelles nous passons en permanence et qui construit notre réalité au quotidien. Si nous focalisons notre souffrance sur la première perception et que nous condamnons notre bourreau pour cela, papa et/ou maman, la vie va faire en sorte de nous faire vivre cette position de bourreau, pour mieux en mesurer les rouages, apprendre à l’accueillir comme un rôle humain et non monstrueux. Car si nous pouvons l’accepter pour nous, pourquoi ne pas l’accueillir chez celui  qui nous a soi-disant fait souffrir ? Nombreux sont les enfants qui, ayant eu le sentiment d’être abandonnés, se retrouvent eux-mêmes parents plus tard, dans la situation où suite à un divorce, ils doivent choisir de vivre avec l’enfant ou pas, de le partager dans la garde quotidienne. C’est un crève-cœur pour certains que de devoir laisser la garde à l’autre et d’avoir le sentiment d’abandonner son enfant. N’est-ce pas humain ? La vie est extraordinaire, elle nous laisse rarement dans une conviction, surtout une qui nous fait souffrir et elle nous propose alors de nous retrouver dans la position de celui que nous avons condamné jadis. Pour mieux apprendre à nous rapprocher de lui, à nous réconcilier, à recréer du lien. C’est le chemin proposé par le troisième système nerveux, le système nerveux parasympathique rapide, celui de L’engagement social, piloté par notre nerf vague ventral.

Dans le cadre du PEACE, cela va être l’occasion de répéter deux perceptions opposées, l’une après l’autre, sous la forme de mantras courts, souvent dérivés du mantra précédent qui stimule notre passage à l’action. Un mantra comme le suivant Papa, je peux être un peu nul quand même parfois  ”, deviendra en face, lorsque votre père vous parle à son tour “ Mon fils, je peux être un peu nul quand même parfois ”. Répétés à plusieurs reprises, l’un après l’autre, à voix haute, à vitesse normale pour vous dans un premier temps, ils perturbent la tête et les sensations corporelles, ils créent un doute dans le programme, surtout s’ils sont accompagnés d’un relâchement, d’un abandon profond dans le corps et dans les fascias. Vous étiez convaincu d’une perception ancienne de la situation que vous avez choisie, mais voilà que votre bourreau peut vous dire également la même chose, ou que vous-mêmes pouvez vous dire à vous-mêmes la même chose : “ Je peux être un peu nul parfois quand même ”. Le corps qui était convaincu d’une perception est tout à coup perdu dans des perceptions inversées, qui se neutralisent. Il lâche alors la peur qui faisait le jugement, pour accueillir l’amour de l’autre, de la situation, sachant que le propre du cœur ouvert, c’est sa neutralité, qui nous donne accès à la paix et à la sérénité. Pour en accentuer l’effet, Stéphane Drouet propose d’accélérer peu à peu la répétition à haute voix de ces deux mantras, l’un après l’autre, jusqu’à saturation nerveuse, pour permettre à l’énergie nerveuse cristallisée dans les fascias de se résorber, par neutralisation successive des perceptions de peur chargées dans le passé. Plus vous répétez à grande vitesse jusqu’à saturation nerveuse, plus votre mental et votre corps sont perdus, ils n’ont plus le temps de réfléchir et de se positionner et ils s’abandonnent alors totalement au final à la neutralité de la situation. Ce dernier processus de la deuxième étape se vit bien entendu encore dans un second temps, dans l’abandon au ressenti du corps et à la situation. C’est ce qui en fait son efficacité, à la fois à haute voix, puis dans le silence, dans ce processus de répétition de perceptions opposées.

Stéphane Drouet conseille de combiner aux mantras verbaux durant cette phase, des mouvements du corps qui n’ont pu être finalisés lors des scènes traumatisantes – c’est-à-dire – que nos mouvements de fuite ou de combat de l’époque ont été entravés, ce qui retient l’énergie nerveuse figée dans nos fascias. Si la colère et la rage/révolte sont là, vous pouvez taper du poing sur la table ou le plancher plusieurs fois, ou taper des jambes et des pieds pour libérer cette énergie nerveuse qui n’a pu se libérer à l’époque.

Les effets de cette seconde étape sont assez saisissants au quotidien. Elles entraînent des prises de conscience et des passages à l’action associées, comme pour cette personne qui décide de demander un remboursement d’un prêt octroyé à une relation après avoir hésité pendant des mois, ou pour cette autre personne qui engage un projet d’achat immobilier après avoir hésité pendant des années. Les exemples sont multiples d’un renouveau dans le quotidien, où agir devient spontané. Jusqu’à souvent se dire : “ Mais comment ai-je pu attendre aussi longtemps pour faire tout ça ? Ça n’avait rien de si compliqué pourtant ”. Les fascias étaient à l’œuvre depuis si longtemps en vous, comment pouviez-vous faire autrement que d’écouter leurs messages.

La troisième étape d’ouverture du système d’engagement social qui ouvre le cœur, est bien entamée, son ouverture ne sera souvent qu’une formalité.

3ième étape : la réconciliation, la neutralisation des perceptions inconfortables et destructrices du passé.

Le PEACE dans sa troisième étape va solliciter le système parasympathique rapide, celui qui nous permet de faire des pauses, de dormir, méditer, nous reposer, digérer et surtout pardonner, nous rapprocher de ceux qui nous ont autrefois – selon nous – fait souffrir.

L’esprit reste le même dans cette étape, continuer de semer des doutes dans les programmes neurologiques de nos fascias, comme des virus, qui vont déstabiliser l’ensemble. Ici, nous allons surprendre le corps et la tête, en leur proposant de voir cette même scène traumatisante choisie au départ, non pas entre les deux protagonistes à leur âge respectif dans la même scène, mais tous deux à un âge enfantin, au même âge choisi par vous. Vous choisissez l’âge de ce petit garçon ou de cette petite fille en face qui pourrait vous toucher, votre papa ou votre maman, où la personne choisie en face et ses fascias vont être perturbés. Si dans votre scène d’origine, vous êtes l’enfant face au parent, vos fascias se figent car vous avez la conviction d’avoir affaire à un géant contre lequel vous ne pouvez rien. Du fait de la comparaison inconsciente des âges et des tailles, une partie de votre être part du principe que vous ne savez pas vous protéger car vous êtes tout petit, mais que l’autre lui, n’est aucunement pardonnable puisqu’il doit savoir pour vous, étant grand et fort. Votre inconscient perçoit ainsi la scène : il sait et vous ne savez rien donc il est responsable et vous, vous êtes forcément victime de la situation. Si vous souffrez dans la situation, le responsable est forcément celui qui sait. D’autant plus si c’est lui qui agit pour amplifier cette souffrance. Il est doublement coupable pour vous alors. Qu’il soit acteur ou passif, il sait pour vous, il doit donc savoir vous protéger et vous le déclarez d’office coupable. Sauf qu’en tant qu’enfant, vous ne savez pas que neurologiquement, vous avez face à vous un être qui a très peu bougé depuis l’âge de 7 ans. Il est très proche de vous dans sa maturité neurologique. En d’autres termes, ce sont des enfants légèrement plus évolués qui ont élevés des enfants légèrement moins évolués. N’oubliez pas que nous sommes tous pilotés à près de 99 % par nos programmes corporels et émotionnels inconscients.

Revenons à cette scène, vous êtes face à un adulte pour vous et cela vous arrange bien, car il est hors de question dans votre réalité de souffrance de vous déclarer coupable et de vous en prendre à vous-même. Cela vous arrange bien inconsciemment de continuer à croire qu’il est plus sage que vous. Et les sensations et émotions que vous ressentez alors vont vous permettre de vous assurer de ne jamais vous écarter de cette conviction, comme une empreinte indélébile : il est coupable, c’est certain. Seulement, vous étiez convaincu de ce rapport adulte-enfant et voilà que votre corps et votre tête perçoivent un tout petit être face à vous, au même âge que vous, aussi fragile, aussi innocent, aussi spontané, aussi authentique que vous au même âge ! Votre peur convaincue dans votre corps peut-elle se maintenir face à un petit être aussi chétif et aussi humain que vous ? Pouvez-vous déclarer coupable un petit être qui par nature est innocent ? Vous vous étiez déclaré non coupable inconsciemment du fait de votre âge, comment en toute franchise avec vous-même pourriez-vous en dire autrement de lui ? Stéphane Drouet vous invite de voir en ce moment, ce qui vous touche chez lui dans sa souffrance. Comme par hasard, vous allez probablement choisir inconsciemment un trait émotionnel qui vous correspond au même âge, pour bien prendre conscience à quel point vous vous ressemblez tous deux. À quel point vous êtes proches tous deux. C’est le travail d’ouverture réalisé par votre système nerveux d’engagement social présent dans vos fascias, c’est son cadeau. Vos fascias peuvent alors, pour ceux qui sont concernés par cette expérience, se remettre à créer de la vie dans leurs couches qui glissent à nouveau sur elles-mêmes, faisant tourner en eux les vortex d’eau en toute fluidité, comme une rivière qui retrouve son tracé originel. Notre inconscient est d’une intelligence prodigieuse, car il va, la plupart du temps, à la fois nous faire choisir l’âge qui a été le plus difficile pour nous et l’état émotionnel chez l’autre petit être que nous avons le plus besoin de dépasser. Votre corps prend alors conscience qu’il y a une souffrance mais plus de responsable véritable en face. Que vous ne pouvez avoir peur de cet enfant, puisqu’il est tout petit et qu’il vous ressemble de surcroît. Alors la peur et la souffrance associées peuvent s’abandonner dans vos fascias, se résorber, se dissoudre. Parfois, lors de la première séance, la personne peut bloquer là, car elle veut absolument trouver un coupable à sa souffrance, sachant que ça ne peut être elle-même. Mais comme cette souffrance ses cristallisée dans ses fascias et a pour origine ses fascias figés, avec la répétition et l’abandon dans le corps à cette nouvelle scène recréée, elle peut se laisser aller à la sécurité intérieure, à la paix retrouvée, se blottir dans les bras de ce petit être, s’y confier comme dans un refuge, être certain d’y être compris, écouté, entendu. À ce stade, la répétition à haute voix de mantras libérateurs représentés par des mots de soutien à ce petit être qui vous ressemble, vous permettra de créer de nouveaux liens de sécurité et de confiance avec cet être qui autrefois vous a tellement fait souffrir.  À chaque reprise, comme pour les mantras à haute voix, puis silencieux sont associés à un relâchement, un abandon, un laisser-aller dans le corps à vos ressentis corporels, alors l’effet sur vos fascias et votre bien-être intérieur n’en sera que décuplé.

Arrivé à ce stade du PEACE, vous pouvez encore finaliser ce chemin par deux axes de travail importants, pour soulager le fascia et le libérer encore plus profondément. Tout d’abord, abandonner tout espoir que vous fondez encore dans cette relation, puis dans un second temps une fois l’espoir dissout, vous abandonner à la page blanche comme si cette relation pouvait recommencer de zéro.

Abandonner l’espoir dans la relation, abandonner le dernier bastion de l’attente, est le meilleur service que vous pourrez vous rendre. Contrairement à toutes ces croyances répandues, selon lesquelles l’espoir fait vivre, cet abandon constitue le dernier rempart à la libération du fascia. Il nous met en effet dans le dernier vestige de cette relation qui n’a pas répondu à nos attentes et qui nous a fait aussi souffrir. Abandonner l’espoir  dans votre corps, c’est comme se libérer définitivement d’un scénario que votre corps d’enfant attend encore aujourd’hui et qui vous maintient dans de pénibles souffrances pour certains. Ah, si vos parents avaient pu vous donner plus, ou ceci à la place de cela. Abandonner ces dernières résistances au changement dans votre corps, abandonner votre désir de conserver votre souffrance ou du moins ses derniers vestiges. C’est divinement libérateur ! Pour abandonner l’espoir, vous pouvez tout d’abord vous y connecter dans votre corps, le ressentir quelque part, puis comme pour la frustration, vous abandonner à cet espoir dans votre corps, le laisser s’amplifier, prendre toute la place avant de se dissoudre dans votre corps. C’est un mouvement ascendant dans le corps, qui s’amplifie puis se dissout, se résorbe. Contrairement à l’impuissance, qui est davantage un mouvement de laisser-aller dans le corps, un mouvement descendant, comme une rivière qui s’écoule lentement dans le corps.

Quand l’espoir voué à un scénario s’efface de votre corps, alors tout redevient possible, c’est l’instant de la page blanche. C’est comme lâcher une bouée à laquelle on s’accrochait depuis si longtemps. Tout peut se recréer dans votre corps, sans indicateur dans votre corps de bien ou de mal, de danger ou de sécurité. Laissez-la venir vers vous, laissez cette page blanche pour cette relation vous traverser, elle est partout à l’intérieur de vous, à l’extérieur de vous, dans toutes les directions. C’est la page blanche de l’inattendu pour cette relation, de toutes les surprises, de tous les possibles inimaginables. En voyant cette page blanche venir vers vous et vous traverser, votre corps peut se relâcher et l’accueillir dans votre vie, vos fascias font à nouveau confiance à la vie, dans l’insouciance et l’innocence. C’est l’état de l’enfant de 0 à 2 ans.  L’état où l’on ne sait rien, l’état de la découverte totale, c’est l’état où toutes nos connexions neurologiques sont en place et où nous sommes au maximum de notre potentiel génétique. Avant de laisse parler notre corps et ses fascias et de voir nos connexions neurologiques s’élaguer pour ne garder que celles dont nous servons le plus : peur, impuissance, rage/révolte, frustration. Pour perdre les deux tiers de notre potentiel d’être humain. Libérer ses fascias, c’est aussi retrouver ce trésor perdu, nous connecter à l’impossible, l’extraordinaire inconnu, la surprise, l’esprit de découverte qui ne sait rien ! La vie devient harmonieuse pour nous, lorsque nous abandonnons la vie que nous avions prévue pour nous et que nous nous abandonnons à la vie que la vie nous réserve à chaque instant. C’est aussi cela, lâcher l’espoir. Celle d’une vie prévue, que l’on croyait bonne.

À ce stade, Stéphane Drouet vous invite à répéter à haute voix en s’abandonnant à la page blanche, “ Je ne sais plus rien ” ou “ Je ne veux plus rien ”. Nous franchissons alors la porte de la réalité augmentée, où nos fascias fluides disent “ OUI ” à l’inconnu. Lorsque nos fascias se dépouillent de leurs rigidités alors ils ne savent plus rien de ce qui est bien ou mal et toute notre vie est redistribuée, l’impossible devient alors accessible, notre vie prend une dimension inconnue à notre plus grande joie et chaque jour notre corps s’y abandonne. Alors notre champ de création devient illimité, plus aucun fascia rigide, plus aucun programme neurologique obstruant, bloquant, apeuré, effrayé, frustré.

En résumé, il s’agit des trois grandes étapes de tous les protocoles PEACE, qui peuvent s’appliquer à différent domaines de notre vie. Toutefois, ce qui a été décrit ici, ce sont plus particulièrement les protocoles conçus pour nos relations difficiles au quotidien, car il existe des nuances pour les autres protocoles concernant d’autres aspects de la vie quotidienne : projets futurs, rapport à l’argent, phobies, addictions… Consultez l’ouvrage de Stéphane Drouet L’intelligence autonome du corps dans lequel, diverses applications de l’approche PEACE sont présentées.

Lire la suite : Conscience intéroceptive et défigement neurosensoriel : l’abandon au quotidien de la vie qui nous est proposée à chaque seconde.

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