Se donner le bonheur.

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Le bonheur : une aptitude, une attitude ou un état de conscience ? 

À quoi nous sert-il ?

Qu’est-ce qui nous fait vivre le bonheur ?

Quels sont ses impacts sur la santé et la longévité ?

 

UNE APTITUDE ADAPTATIVE.

La recherche du bonheur est une aptitude adaptative qui est intégrée dans notre système nerveux. Adaptative, car elle sert à motiver et à guider l’action.

Selon les neurosciences, elle se trouve au croisement des mécanismes cérébraux du plaisir, du désir et de la représentation du futur. Que vous imaginiez un événement positif issu du passé ou à venir, les mêmes zones du cerveau ― hippocampe, amygdale, cortex préfontal ventromédian et dorsomédian ― sont activées. Les liens entre ces structures s’éclairent lorsque l’on considère le bonheur comme l’état dans lequel on se trouve lorsque l’on se réjouit à l’avance de ce que l’on va vivre.

L’hippocampe permet aussi bien de se rappeler un souvenir que de créer une représentation du futur.

Le cortex préfrontal ventromédian accorde une valeur ― j’aime ou je n’aime pas ― à une représentation abstraite et complexe et détermine également, si vous vous sentez bien ou pas à l’évocation d’une situation. Au final, cette région déclencherait une sensation de bien-être et le cerveau en déduirait que la représentation qui en est à l’origine à une grande valeur. Le cortex préfrontal ventromédian est aussi connecté avec les régions du cerveau impliquées directement dans les sensations de plaisir et de désir. Il y a donc une communication, via le cortex préfrontal ventromédian, entre les régions qui créent les représentations abstraites et complexes et les circuits du désir et du plaisir.

Cette partie du cortex semble faire partie d’un réseau plus vaste et particulièrement développé et connecté chez les personnes présentant un certain nombre de caractéristiques positives comme une satisfaction élevée à l’égard de leur vie, une sociabilité élevée, un QI élevé et un niveau élevé d’éducation.

Ce constat soulève les questions suivantes :

  • Le bonheur entraîne t’il le développement cérébral ?
  • Les gens heureux possèdent-ils un cerveau qui favorise, entre autres traits positifs, le bonheur ?

Quoi qu’il en soit, ceux que les tests psychologiques désignent comme heureux ― parce qu’ils ont le sentiment d’être épanouis, de contrôler leur vie, de s’accepter tels qu’ils sont et d’avoir des contacts positifs avec les autres ― semblent posséder plus de matière grise dans deux régions cérébrales : le cortex insulaire et le précuneus droit.

Le cortex insulaire est impliqué dans la conscience de soi, la modulation des états du corps et leur intégration dans la prise de décision. Le précuneus droit est également impliqué dans la conscience de soi et participe au bonheur subjectif en intégrant ses composantes émotionnelles et cognitives.

Il semble donc que le bonheur dépendrait de l’aptitude à se projeter positivement dans le futur combinée à la capacité à intégrer ces sentiments positifs à l’image de soi.

 

SA FONCTION.

Quel est la fonction du bonheur ? Le bonheur n’est pas vécu comme une simple satisfaction d’un besoin mais plutôt comme un état qui pousse à chercher ce qu’on n’a pas encore et dont on attend la plus grande joie.

Et, comme  l’explique Daniel  Nettle, comportementaliste à l’Université de Newcastle en Angleterre  “Si la fonction du bonheur est de nous inciter à aller chercher les choses qui sont les meilleures pour nous, alors il est normal qu’il se concentre sur la possibilité qu’elles soient moins bien là où nous sommes et forcément mieux ailleurs”. Peu importe, ce que nous possédons déjà : notre cerveau a été modelé pour ne pas s’en satisfaire et chercher mieux.

Il est donc important de ne pas être dupe de l’insatisfaction chronique puisque une fois l’objectif atteint, on finit toujours par s’y habituer, le circuit de la récompense s’habituant très vite.

Les études montrent en effet que les événements de la vie tant positifs ―mariage, emploi, nouveau domicile, maternité― que négatifs ―divorce, licenciement ― n’ont finalement  qu’un impact modeste et passager sur le bien-être ressenti. Pour Claudia Senik, de l’École d’économie de Paris, “Les variables de l’existence étudiées dans nos enquêtes expliquent 10%  au maximum les variations de bonheur entre les gens”. Pour Daniel Nettle, “Tout se passe comme si chacun avait un niveau fixe de bonheur vers lequel il retourne plus ou moins, quoi qu’il fasse”.  

Mais, les individus possèdent incontestablement des aptitudes plus ou moins grandes à ressentir le bonheur, certains élevant leur “niveau de base” à des hauteurs inaccessibles à d’autres.

Au delà, de la capacité de se projeter dans le futur et de s’approprier facilement les événements positifs de la vie, y a-t-il d’autre façon d’accéder au bonheur?

 

FLOW”ou EXPÉRIENCE OPTIMALE.

Il existe une autre forme de bonheur, conditionnée cette-fois-ci par l’aptitude du cerveau à lâcher-prise de l’attention. On peut en effet, éprouver un état de bonheur intense, lorsque l’on se trouve dans l’état deFlow”, ou en français l’expérience optimale, que Mihaly Csikszentmihalyi décrit comme un état de concentration intense , où l’attention est accaparée par l’action en cours, tout le reste ― perception de l’environnement, pensées…― s’effaçant.

Le “Flow” se vit quand la personne donne le meilleur de ses capacités créatives, de son audace ou de son habilité. Il se produit quand vous réalisez une tâche exigeante, mais que vous maîtrisez, qui a du sens et qui fait progresser les choses. Il peut se produire lors de chaque activité, même en apparence banale. L’important, semble t’il, c’est d’avoir un défi à accomplir et que vous soyez poussé au maximum de vos capacités pour donner le meilleur de vous-mêmes et vous dépasser.

Il semble que supprimer tout ce qui peut perturber notre attention favoriserait notre bien-être. C’est ce que vivent les personnes en état de “Flow” en étant connectées à une activité sans faire mille choses en même temps et surtout, sans jugement sur leur propre performance.

En effet, il existe un réseau cérébral, dont la structure-clé est le gyrus cingulaire antérieur, qui évalue constamment ce que l’on est en train de faire, et réagit dès qu’il détecte un écart par rapport à la situation idéale. Lorsque le cerveau est en état de “Flow”, ce système serait désactivé, annihilant ainsi tout doute. Vous êtes alors, simplement en train d’agir, sans vous demander si vous agissez bien ou non.

Selon toutes les études, les personnes qui se disent les plus heureuses sont celles qui parviennent dans leur vie à se créer le plus de moments de “Flow. Ce qui est encourageant, c’est qu’il est possible non seulement d’organiser sa vie pour enchaîner les moments de Flow” dans toutes vos activités mais également de tirer du “Flow” des épreuves, des échecs et des malheurs qui vous arrivent.

Qu’il s’agisse de mobiliser son attention, de se construire une représentation positive de l’avenir, ou de regarder en soi, cela confirme que le bonheur est produit par la conscience, qu’il reste un choix et qu’il appartient à chacun de le faire fructifier.

 

L’ÉVEIL DE LA CONSCIENCE.

Comme l’explique Steve Taylor dans son livre S’éveiller, les états d’intensification et de stabilisation de l’énergie vitale (ISÉV) peuvent engendrer à divers degrés d’intensité les manifestations suivantes :

  • une perception de la beauté et de l’unité de toutes choses,
  • un sentiment de bien-être et de paix intérieure,
  • un sentiment de devenir une personne plus profonde et plus vraie.

La méditation, le contact avec la nature, des périodes d’inactivité et de tranquillité, l’écoute de la musique avec attention et sans verbiage mental peuvent provoquer des états ISÉV qui peuvent alors produire un éveil ou un changement d’état de la conscience. L’éveil, c’est émergé de l’état habituel  de conscience où l’on vit plus ou moins machinalement et déconnecté de nous-mêmes. S’éveiller, veut donc dire, sortir de notre état habituel de conscience, qui ressemble à une sorte de sommeil, pour vivre dans un état de conscience plus intense, complète et paisible.

Pour atteindre un état permanent d’éveil de la conscience, il est nécessaire d’arrêter ou au moins de réduire, l’écoulement d’énergie pour développer en permanence un niveau élevé d’énergie vitale, dont nous sommes fondamentalement constitués. Et d’autre part, d’arrêter ou au moins de réduire la perturbation née des pensées, émotions et désirs en vue de créer un état permanent de quiétude intérieure.

Autrement dit, c’est un effort prolongé pour créer un nouvel état psychique où nous ne dépensons plus notre énergie dans le maintien de la structure de l’égo/moi, du constant verbiage du mental, des tempêtes d’émotions qui éclatent en nous, des désirs constants qui montent en nous et de nos attachements psychologiques.

Nous pouvons tous atteindre un point où nous passons en permanence à un état, où il y a toujours une forte concentration d’énergie vitale en nous et où nous sommes mentalement silencieux et calme.

Steve Taylor suggère les pratiques et les directives de mode de vie suivantes pour évoluer vers cet état :

  • méditez régulièrement,
  • pratiquez la pleine conscience,
  • pratiquez la modération et la simplicité,
  • pratiquez le détachement,
  • pratiquez le silence, la solitude et l’inaction,
  • pratiquez le service aux autres,
  • poursuivez le développement intégral de vous-mêmes (spirituel, intellectuel, émotionnel, physique, social).

Pour Steve Taylor, le développement spirituel est une restructuration de notre être en domptant nos désirs et notre ego, en nous défaisant de nos attachements, pour intensifier et stabiliser notre énergie vitale et atteindre un état de bien-être, de paix et de sérénité, autrement dit, de bonheur.

 

BÉNÉFICES DU BONHEUR.

Ils sont nombreux, de plus en plus admis et reconnus par la médecine traditionnelle.Des modifications physiologiques traduisent, à moins qu’elles en soient la cause, la sérénité ressentie. Rien d’étonnant, puisque les systèmes nerveux, hormonaux et immunitaires entretiennent des connexions intimes. Quelles empreintes le bonheur laisse t’il précisément dans le corps ?

Des analyses sanguines de personnes ayant un score élevé de bonheur ont révélé la présence de :

  • moins de cortisol (hormone du stress),
  • davantage de <bon> cholestérol,
  • moins de fibrinogènes (facteur responsable de la formation de caillots sanguins),
  • réduction du rythme cardiaque et de la pression systolique (pression artérielle maximale).

Ces données indiquent que le bonheur se vit, au propre comme au figuré, avec le cœur.

En 2007, une étude menée par le Dr Kubzansky à Harvard  a montré que les émotions positives des gens heureux réduisent le risque de maladies coronariennes. Elle a également montré que les enfants heureux auront moins de maladie, une meilleure santé générale, et cela même trente ans plus tard.  En 1979, une autre étude de Harvard avait déjà montré que des adultes heureux  avaient deux fois moins de risque de mourir dans les neuf années suivantes. Une étude de la Clinique Mayo, lancée dans les années 60 et poursuivie pendant 30 ans, a montré que les personnes optimistes vivaient en moyenne 19% plus longtemps que les pessimistes, qui plus est avec des capacités physiques et une qualité de vie meilleures.

Ces résultats indiquent que les effets préventifs du bonheur semblent agir tout au long de la vie.

Le bonheur aurait aussi tendance à diffuser dans tout le corps via le système immunitaire en augmentant  notre résistance aux infections par une production accrue d’anticorps.

Le corps peut également agir sur notre sentiment de bonheur, comme si la sérénité du corps entraîne celle de l’esprit et vice-versa. Une bonne séance de massage ou un orgasme sexuel libèrent de l’ocytocine, une hormone qui augment l’empathie, l’attachement aux autres, réduit le stress et favorise le bien-être.

 

EN CONCLUSION.

Il existe plusieurs moyens, à votre portée, pour vivre un état intense et permanent de bonheur. Le bonheur est une mesure préventive puissante pour préserver votre santé à court et à long terme. Vous pouvez décider d’être heureux et adopter la démarche, qui vous convient le mieux, pour en tirer tous les bénéfices, car la plus grande satisfaction dans la vie provient d’abord du sentiment profond d’être bien avec soi-même.

 

En complément d’informations, je vous invite à répondre au questionnaire de l’indice relatif du bonheur élaboré par Pierre Côté, pour vous situer à cet égard et à lire son livre Le bonheur mis à nu pour découvrir les principaux facteurs d’influence du bonheur qu’il a identifié à partir de l’analyse des centaines de questions posées à travers des dizaines d’enquêtes auprès de plus de 100,000 répondants.

 

La vie nous a été donnée sans manuel d’emploi, sans doute pour nous permettre d’apprendre à la vivre dans cet état de grâce, nommé Bonheur qui est un déterminant capital de notre équilibre, qualité de vie, santé et longévité.

 

 

Lire la suite Se créer une vie épanouissante.

 

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