Franchir les étapes de la conscience : L’amour conscience et guérison dans le couple

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L’amour dans le couple demande de la préparation, mais l’apprentissage dans le couple se fait le plus souvent sur le tas, par essais et erreurs. Savons-nous vraiment ce que signifie “ entrer en couple ” ? Il y a fort à parier que si notre société véhiculait l’idéologie du “ couple-monastique ”, l’institution maritale comporterait autant de membres qu’il y a de moines dans les monastères, c’est-à-dire bien peu ! Pourquoi entre-t-on en couple ? À première vue, certainement pas pour les mêmes raisons qu’on entre au monastère. La vie solitaire, contemplative, remplie de prières, semble fort différente de la vie de couple avec son rythme effréné qui s’accélère encore avec l’arrivée des enfants. Et pourtant, même si le style de vie peut s’avérer fort différent, la finalité peut demeurer la même : l’évolution de la Conscience-Amour jusqu’à la fusion avec le Soi. Nul doute que la notion de couple est en rapport avec l’unité, l’union. C’est le passage du deux vers le un. Mais que signifie au juste “ devenir une seule chair ” ou “ aimer le Soi qui est en lui ” ? Il est possible de croire que derrière les évidences (voir deux corps copuler pour devenir une seule chair) se cache le plus subtil. Peut-on entrevoir là l’union avec le divin en soi, en passant par l’autre, qu’il convient d’aimer comme soi-même ? L’amour se révèle ainsi dans ses composantes personnelles (l’amour de soi), interpersonnelles (l’amour de l’autre) et transpersonnelles (l’amour du divin en Soi).

L’aspirant qui entre au monastère sait relativement bien à quoi s’attendre, suffisamment du moins pour prendre une décision éclairée. Sa vie sera consécration au divin, recherche de cette unité avec le plus grand que lui. Chaque personne qui entre en couple n’a pas toujours cette vision éclairée dans sa recherche d’unité avec l’autre “ chair ”. Le moine s’attend à une vie faite de disciplines qui reposent sur l’obéissance aux règles de la communauté. Le nouveau marié s’attend au bonheur de cheminer côte à côte avec l’être aimé, cette union brisant à jamais l’effroyable sentiment de solitude qui pouvait l’accabler avant cette rencontre historique. On entre en couple pour le meilleur, en repoussant le plus loin possible le pire, qui arrive de toute façon. Et le pire, c’est que le couple demande autant de discipline que la vie monastique, du moins, si on veut faire du couple un sanctuaire d’évolution. Pire encore, notre relation avec l’autre prend un caractère infernal quand notre motivation repose uniquement sur l’espoir qu’il vienne combler notre vide intérieur. L’intérieur peut-il vraiment se combler par l’extérieur ?

Le couple, c’est le lieu où l’on explore à la recherche de ce quelque chose que l’autre ne peut nous donner parce que ce quelque chose ne peut jaillir que de soi. L’autre devient ce chemin par lequel on passe pour accéder à soi-même. C’est sans doute la solitude qui nous conduit à l’autre. Mais cette solitude est tantôt notre ennemie, tantôt notre amie ; l’ennemie lorsqu’elle nous pousse à conquérir l’autre pour qu’il comble notre vide affectif ; l’amie lorsqu’elle nous pousse à demander sa coopération pour qu’il nous aide à conquérir la plénitude de notre être. Ainsi, notre aspiration à la vie de couple peut se baser sur “ une motivation de déficience ” qui nous pousse essentiellement à vouloir combler un manque ou sur “ une motivation de croissance ” qui conduit à l’actualisation. C’est là toute la différence entre le “ sans toi, je ne peux plus vivre  ” et le “ sans toi, je peux très bien vivre, mais avec toi, j’aspire à vivre une dimension que je n’atteindrai jamais sans toi ”. Cette dimension, c’est la conscience de notre égocentrisme et de notre égoïsme, teintés de toutes nos blessures d’enfance qu’il nous faudra dépasser.

Des savoirs indispensables.

En vieux français ; “ aimer ” signifiait “ aider ”. Quant au mot “ couple ”, une de ses origines vient du latin “ co-aptus ”, c’est-à dire “ co-apte ”. Le couple se compose donc de deux individus qui sont aptes. Aptes à s’entraider ? S’entraider à aimer ? Mais qui peut se vanter d’être apte à la vie de couple ?  Selon Virginia Satir, une thérapeute conjugale de renom, à peine 5% des couples franchissent l’étape de la lutte de pouvoir, où chacun tente d’amener l’autre à changer pour le rendre conforme à ses attentes. “ Deviens comme moi pour me satisfaire ” devient l’enjeu de cette lutte de pouvoir. Une infime minorité réalise que le couple doit au contraire permettre à chacun de devenir de plus en plus lui-même donc unique et différent, tout en étant de moins en moins distant de l’autre. Mieux vaut considérer que nous sommes au départ inaptes à la vie de couple. En référence à l’analogie avec la vie monastique, le futur moine commence par une période de noviciat, avant de s’engager librement et définitivement. Or, la véritable vie de couple qui conduit à l’évolution doit débuter par une “‌ étape de guérison de ses blessures d’enfance ”. À cette étape de guérison, le choix amoureux est totalement inconscient. Je n’ai rien choisi du tout, mon inconscient a tout choisi pour moi. Et c’est particulièrement à cette étape préliminaire à l’engagement conscient que l’aspirant au couple doit disposer d’outils de transformation. Ces outils de transformation concernent les trois dimensions du savoir, du savoir-faire et du savoir-être.

Le savoir procure une vision juste du couple et concerne surtout l’aspect personnel de la croissance. Qu’est-ce que je devrais savoir avant même de songer à la vie de couple ?

Le savoir-faire touche les habiletés relationnelles et permet une interaction juste avec le conjoint. Il concerne l’aspect interpersonnel de la croissance. Comment interagir de façon appropriée dans ma relation avec l’autre ?

Le savoir-être implique une aspiration à l’évolution et l’adhésion à une direction juste. Il concerne l’aspect transpersonnel de la croissance. Qu’est-ce qui me permettra d’accroître mon niveau de conscience en devenant de plus en plus unifié en moi-même grâce à mon unité avec l’autre ?

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