Prendre soin de ses besoins psychosociaux.

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Pour se créer une vie épanouissante, il est essentiel de prendre sa vie en main pour éviter d’être à la merci de forces inconscientes ou extérieures qui la contrôleront pour la mettre au service de leurs propres intérêts. Or, prendre sa vie en main, c’est également prendre soin de ses divers besoins. Cela étant dit, vous vous posez sûrement la question du comment.

Justement, Jean-Jacques Crèvecoeur, auteur, conférencier et formateur en croissance personnelle, présente dans son livre Prenez soin de vous, n’attendez pas que les autres le fassent ! sept principes de vie pour prendre soin tant des besoins physiques, psychologiques que spirituels et cela, de manière consciente, autonome, responsable et compétente. Sept principes de vie qui sont en phase avec les processus de régulation utilisés par le corps pour maintenir et retrouver un équilibre optimal sur chacune de ces dimensions.

Comment prendre soin des besoins psychologiques, affectifs et relationnels tels que le besoin de sécurité, de justice, d’espace, de liberté, d’amour, d’appartenance, de reconnaissance … ?

Les processus de régulation utilisés par le corps pour maintenir et retrouver un équilibre physiologique optimal, sont les mêmes que pour maintenir et retrouver un équilibre psychologique optimal, mais avec trois éléments particuliers en plus.

 

Jean-Jacques Crèvecoeur formule et résume ainsi ces processus de régulation :

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Chaque fois qu’un événement (E) a un impact sur un besoin psychologique (B), cela déclenche une sensation émotionnelle (S) désagréable qui nous pousse à réagir (R) pour retrouver notre bien-être.

 

Un même événement peut toucher – à cause des filtres acquis de perception (FP) –  des besoins très différents d’un individu à l’autre, dans des sens parfois opposés. Avec pour conséquence que, face à la même situation, les émotions peuvent aller de très agréables jusqu’ à très désagréables. Ces filtres de perception se mettent en place, au fur et à mesure de nos expériences de vie. Le cerveau classe toutes nos expériences en deux catégories (à reproduire et à éviter) dans une banque de données réactionnelles (Bdr).

 

Tous nos comportements respectent les lois d’équilibre et les processus de survie, le seul problème, mais il est de taille, c’est que notre cerveau oriente nos choix de comportements sur base d’informations erronées ! Au fil de notre conditionnement éducatif, des filtres de choix (FC) introduisent de plus en plus un biais dans le choix des réactions à déclencher. L’éducation de l’enfant sera faite de centaines d’interdits, de réprimandes, de tabous, d’injonctions auxquels il se soumettra de peur d’être abandonné et de mourir. Progressivement, prendre soin de ses besoins, écouter ses sensations physiques ou émotionnelles, se faire respecter, être reconnu, tout cela pourra être classé dans la catégorie <à éviter>, si cela rentre en contradiction avec les principes éducatifs qu’il a reçus. Du coup, les filtres de choix seront encore plus sélectifs.

 

La principale difficulté provient de l’influence qu’ont sur nous l’histoire personnelle et familiale, l’éducation, la culture, la morale et la religion. Tous ces facteurs jouent un rôle déterminant dans la constitution de notre banque de données réactionnelles, de nos filtres de perception et de nos filtres de choix.

L’expérience personnelle nous fait renforcer certaines réactions innées (Bdi), diminuer d’autres réactions, toujours en fonction d’un critère : augmenter le plaisir et diminuer la douleur. Tout est mémorisé et classé sur base émotionnelle.

L’éducation joue le même rôle, puisque certaines réactions sont bannies ou interdites. Ici, le critère n’est plus : ça me fait du bien ou du mal, mais ça plaît à mon éducateur ou ça lui déplaît. Il y a un glissement dans les choix de réactions. On n’assure même plus sa propre survie réelle, mais on se préserve d’une mort imaginaire qui serait provoquée par l’abandon de nos parents.

 

Du coup, la combinaison de l’expérience personnelle et de l’éducation crée de nouveaux filtres de perception entre la réalité et nous. Comme le cerveau ne travaille que sur des informations entrantes, il ne distingue plus le réel de l’imaginaire, du symbolique et du virtuel.

 

Si nous pouvions sortir de la peur de déplaire à nos parents, nous sortirions de cette paralysie émotionnelle. Alors, nous pourrions faire confiance de nouveau à nos réactions <instinctives> pour rétablir notre équilibre. Dans ce contexte, les filtres de perception jouent un rôle important : celui de nous remettre en face de la même situation jusqu’ à ce qu’on ait assez de conscience pour résoudre ce qu’on n’a pas été capable de voir et de résoudre jusqu’ alors. Le caractère répétitif des événements nous donnent la possibilité de nous entraîner pour progresser et réussir. Il suffit de changer notre regard et d’apprendre à répondre aux événements de manière juste.

 

Voici, en résumé, comment vous pouvez prendre soin de vos besoins psychosociaux en appliquant les sept principes de vie proposés par Jean-Jacques Crèvecoeur.

Pour obtenir plus d’information et de la formation en la matière, je vous invite à lire son livre et à visiter le site de l’Académie de la vie en mouvement.

 

Principe 1. Écouter vos émotions et apprendre à lire les relations.

Vos sensations émotionnelles se manifestent pour vous avertir des déséquilibres en train de s’installer par rapport à vos besoins psychologiques. Si vous n’écoutez pas vos émotions, il vous sera impossible d’agir de manière à maintenir votre équilibre dynamique.

Dans la relation à l’autre, vous devez apprendre à décoder les signes, les indices, les non-dits, les comportements non-verbaux pour comprendre la dynamique qui est à l’œuvre afin de réagir de la manière la plus appropriée possible.

Puisque nous sommes dans un contexte qui change constamment, la seule façon de s’y retrouver : c’est d’abord d’écouter ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur ; puis de répondre de la manière la plus adéquate possible en fonction de tous les paramètres dont nous disposons et ensuite d’évaluer la pertinence de la stratégie adoptée, afin d’en tirer les enseignements.

La mise en application de ce premier principe de vie implique l’acquisition de cinq compétences complémentaires.

Première compétence : écouter vos émotions agréables et désagréables.

Les émotions ne sont ni bonnes ou positives, ni mauvaises ou négatives, puisque leur rôle est de nous avertir que certains de nos besoins psychologiques, relationnels ou affectifs ne sont plus en équilibre. C’est lorsqu’une sensation émotionnelle désagréable apparaît que tout le processus de régulation de l’équilibre peut se déclencher. C’est elle qui va vous pousser à agir, à modifier votre comportement.

Jean-Jacques Crèvecoeur vous suggère de vous entraîner régulièrement à écouter vos sensations émotionnelles sans jugement, sans à priori. Juste ressentir ce qui se passe. Ainsi, avec le temps et l’entraînement, vous serez capable d’être en contact conscient et permanent avec vos émotions, même lorsque vous serez en présence d’une tierce personne.

Deuxième compétence : faire le lien entre vos émotions, les événements et les besoins en jeu.

Ce qui est important dans cette pratique, c’est surtout d’établir un lien entre les éléments observables par vous : un événement d’une part, une émotion d’autre part. Ensuite viendra le travail de déduction permettant d’identifier les besoins en jeu dans chaque situation. Ce travail de déduction sera traité dans le cinquième principe de vie.

L’objectif de cette compétence est de devenir conscient de ce qui se passe en vous et autour de vous, en temps réel. L’idée derrière cela est d’apprendre à ne plus subir les événements mais d’y répondre en conscience (cinquième et sixième principes de vie).

Troisième compétence : observer objectivement ce que vous pensez, ce que vous faites et ce que vous dites.

Dans la gestion de vos relations avec vous-même et avec les autres, il est essentiel de pouvoir vous observer le plus objectivement possible. S’entendre penser, se regarder agir et s’écouter dire des choses.

Lorsque vous essayerez d’identifier pourquoi votre interlocuteur s’est mis en colère contre vous, comment procéderez-vous si vous n’avez plus aucun souvenir de ce que vous avez dit ou vous avez fait ?

Quatrième compétence : écouter les indicateurs de santé de la relation.

Pour développer une conscience de ce qui se passe entre vous et l’autre, vous devez apprendre à écouter les indicateurs de santé de la relation. Ces indicateurs se trouvent aussi bien en vous que chez l’autre. Lorsque vous êtes en relation avec quelqu’un ou un groupe, soyez attentif à vos malaises, vos mal-être. Apprenez aussi à détecter chez l’autre les non-dits, les signes de tension, les gestes et les attitudes qui cachent souvent son propre malaise.

Pour repérer les indices d’une situation de malaise dans le rapport avec l’autre, portez une attention particulière à ce que vous ressentez. Si vous ressentez un bien-être et une détente par l’intermédiaire de vos émotions, cela vous informe sur la qualité de la relation et de l’état émotionnel de l’autre. Ces informations s’obtiennent grâce au phénomène de résonance de la qualité de centrage de l’un et l’autre dans la relation. Jean-jacques Crèvecoeur vous suggère de vous entraîner d’abord à écouter vos propres émotions lorsque vous êtes seul. Car, la difficulté consiste à bien distinguer ce qui, dans une relation, vient de vous et vient de l’autre. Et, avec un peu de pratique, l’écoute de votre ressenti intérieur vous donnera toutes les informations dont vous avez besoin sur ce qui se passe avec l’autre.

Cinquième compétence : apprendre à repérer les jeux de pouvoir relationnels.

Pour repérer les jeux de pouvoir relationnels, il suffit de vérifier la présence de cinq critères.

Premier critère : la non-prise de responsabilité.

Dans un jeu de pouvoir, les interlocuteurs ne s’expriment pas au je, ils font parler les autres en leurs noms, atténuent, minimisent ou amplifient ce qu’ils ont à exprimer à l’autre. Les discours restent généralement vagues, ambigus, indirects.

Deuxième critère : le ressenti d’un malaise dû à la pression exercée par l’autre.

Dans un jeu de pouvoir, quelqu’un essaye de faire vivre quelque chose à l’autre, ce qui crée une sorte de pression sur l’autre. Et, cette pression nous met devant le fait accompli, nous pousse à entrer dans le projet ou l’attente de l’autre, souvent à notre insu et contre notre gré. Ce qui provoque un malaise.

Troisième critère : la distorsion entre le message explicite et le message explicite.

Pour faire vivre quelque chose à quelqu’un sans en prendre la responsabilité, on est obligé de cacher le vrai message derrière un autre. Cette distorsion peut se repérer également lorsque l’expression du corps ou l’intonation entrent en contradiction avec ce qui est dit.

Quatrième critère : la présence d’un projet ou d’une attente implicites par rapport à l’autre.

Si vous vous trouvez dans une situation où, après dix minutes, vous vous demandez encore ce que l’autre attend de vous, c’est probablement qu’il a un projet ou une attente sur vous qu’il n’explicite pas, de peur sans doute d’essuyer un refus.

Cinquième critère : la présence de la complicité circulaire.

Pour qu’un jeu de pouvoir existe, il faut être deux. Autrement dit, il faut que chaque interlocuteur accepte – inconsciemment et involontairement, la plupart du temps – d’entretenir le jeu de l’autre, de l’alimenter, de le nourrir. Car, personne ne pourra vous faire vivre quelque chose si vous ne lui donnez pas le pouvoir sur vous ! Cette complicité consiste à interpréter ce que l’autre ne vous a pas dit explicitement et à prendre la responsabilité et la décision d’exécuter la demande cachée. Si par la suite, vous lui reprocher de vous avoir imposé cette demande, il pourra toujours vous répondre, qu’il ne vous avait rien demandé !

 

Si vous voulez redevenir maître de votre destinée, apprendre à écouter ce qui se passe en vous et apprendre à décoder ce qui se passe dans vos relations avec les autres est la première étape indispensable de votre cheminement.

 

Principe 2. Changer votre regard sur votre vie psychique.

Pour apprendre à changer votre regard sur votre vie psychique, Jean-Jacques Crèvecoeur vous invite à profiter de tous les moments calmes, sereins et non conflictuels de votre existence pour exercer votre regard de manière nouvelle. Car, changer son regard sur cette dimension demande des mois voire des années d’entraînement, du fait que notre conditionnement agit à notre insu depuis notre naissance.

Un premier changement de regard : la santé relationnelle et la maladie relationnelle n’existent pas ; elles ne constituent que les hauts et les bas d’un processus dynamique jamais interrompu. Qu’est-ce qui est préférable dans une relation ? Des rapports où l’on se dispute constamment et où tout doit être dit ? Ou des relations où tout se négocie, où chacun essaie d’entendre et d’accueillir le point de vue de l’autre pour respecter ses besoins ? La réponse est que rien n’est préférable. Car, il y a des moments où il vaut mieux se taire et d’autres où il est impératif de parler. Il y a des moments où la négociation est souhaitable et d’autres où il vaut mieux imposer une direction à l’autre. Tout cela fait partie de la dynamique des relations. Le seul véritable danger serait de s’enfermer une fois pour toutes dans un mode relationnel et de ne pas en sortir.

Un deuxième changement de regard.  Lorsque vous éprouvez une émotion désagréable, un malaise, de la peur, de la colère, de la tristesse, de ne plus considérer ces émotions comme négatives, mais plutôt comme des alliées de votre équilibre psychologique.

Dans le même ordre d’idées, de ne plus considérer les conflits, les disputes, les reproches comme un signe négatif, mais au contraire comme un processus par lequel votre relation se donne une chance de se rétablir.

Un troisième changement de regard : ce n’est jamais à cause des autres que vous souffrez. Votre souffrance résulte des besoins qui ont été touchés par ce qui, dans l’événement, a été sélectionné par vos filtres de perception (FP). Plutôt que d’accuser les autres ou les événements, posez-vous la question suivante : Qu’est-ce qui, en moi, me fait souffrir dans cette situation ? Qu’est-ce qui me touche ? Pourquoi cela me touche ? Quelle résonance y a-t-il entre cette situation et mon histoire personnelle ? Peut-être qu’au début, vous n’aurez pas toujours de réponse. Ce qui compte, c’est d’avoir posé la question, car le faisant, vous reconnaissez que vous acceptez de souffrir de la situation, alors qu’il y aurait d’autres choix.

Un quatrième changement de regard : vous n’avez plus à vous plaindre des autres.

Dans notre vie d’adulte, ce ne sont pas les autres qui mettent nos besoins en déséquilibre, mais ce sont les énergies-informations que nos filtres de perception ont laissé entrer en nous. Cessez de regarder vers l’extérieur ce que vous croyez être la cause de votre malheur et chercher plutôt en quoi vous êtes responsable ou complice de ce que vous subissez. Au lieu de vous plaindre des autres, revenez à vous-même et posez-vous la question suivante : Qu’est ce que j’ai fait ou n’ai pas fait, qu’est-ce que j’ai dit ou n’ai pas dit qui permet à l’autre de me faire subir ce que je subis ?

La force de ce questionnement, c’est qu’il vous aide à poser votre regard sur ce qui se passe dans le présent. Et, une fois que vous savez ce qui se passe vous pourrez le modifier. Le principe de base de ce changement de regard, c’est de ne plus perdre son temps à regarder ce que l’autre nous fait subir, de ne plus vous perdre dans un futur de solutions hypothétiques, mais de regarder comment vous alimentez le scénario de l’autre, comment vous lui permettez de continuer à vous faire vivre ce que vous subissez de sa part.

Ce renversement de perspective vous amène à un autre changement de regard : vous n’avez plus à attendre que le bonheur et le changement viennent des autres. En vous rendant compte qu’être heureux ou malheureux dépend de la manière dont vous filtrez les événements, vous pouvez sortir de la dépendance par rapport aux autres. Et, quand vous comprendrez que les autres ne changeront pas tant que vous alimenterez leurs scénarios, vous pourrez alors vous sortir de l’impuissance par rapport à eux, en arrêtant votre complicité. Car, une fois qu’une relation avec l’autre est enclenchée, vous êtes entièrement responsable qu’une situation se prolonge ou pas.

De plus, vous découvrirez progressivement,  que les relations que vous entretenez avec les autres ne sont, plus souvent qu’autrement, que le miroir de votre réalité intérieure, c’est-à-dire du rapport que vous entretenez avec vous-même.

Nous avons tout en nous pour progresser et garder notre équilibre psychologique, relationnel et affectif. Nous ne dépendons en rien des autres ou des circonstances pour prendre soin de soi-même et de ses besoins.  Il vous est possible, grâce à ces changements de regard, de sortir de l’impuissance intérieure et de la dépendance vis-à-vis du monde extérieur.

 

Principe 3. Accueillir en conscience ce qui est.

Les différents changements de regard vont modifier profondément votre attitude face aux événements. En effet, si vous comprenez le sens profond de tout ce que vous vivez, vous ne résisterez plus à ce qui survient, mais vous entrerez plutôt dans une attitude d’accueil.

Cette attitude d’accueil peut se manifester et se déployer en nous sous trois facettes complémentaires.

La première facette consiste à ne pas résister ni aux émotions désagréables, ni aux émotions agréables, mais à les reconnaître et à les accepter.

Mais comment, concrètement, procéder pour reconnaître et accepter vos émotions. Un programme progressif d’apprentissage sera la clé de votre réussite dans ce domaine.

Tout d’abord, s’entraîner avec des émotions de faible intensité. L’avantage, c’est que les émotions légères, même si elles sont désagréables, ne peuvent pas vous envahir, vous paralyser ou vous submerger et donc, préserveront votre capacité de réfléchir et d’agir.

Ensuite, chaque fois qu’une émotion se manifeste, le travail consiste à reconnaître sa présence, à la ressentir, sans plus.

La troisième étape est d’accepter la présence de cette émotion, chose relativement facile lorsqu’on a changé son regard et sa conception de l’émotion.

La quatrième étape consiste à entrer en communion avec l’émotion, à faire corps avec elle, car c’est une alliée de votre équilibre et de votre bien-être.

Enfin, la cinquième étape consiste à remercier l’émotion d’avoir fait son travail, de vous avoir averti qu’un de vos besoins était en déséquilibre.

Vous verrez au fur et à mesure de votre entraînement conscient qu’accueillir les émotions qui surviennent deviendra un réflexe naturel, intégré. Et, plus vous pratiquerez, plus vous serez capable d’adopter la même attitude intérieure face à des émotions de plus en plus fortes et intenses, sans être déstabilisé.

 

La deuxième facette de ce troisième principe de vie consiste à  ne pas résister aux difficultés relationnelles, mais de les reconnaître et de les accepter comme des symptômes de rééquilibrage, sans plus.

 

La troisième facette est d’accueillir en conscience, c’est-à-dire de considérer que les épreuves sont des révélateurs de ce qui n’est pas encore fluide. En cela, les épreuves sont des opportunités de prendre conscience de ce qui est inadapté dans les stratégies que vous avez apprises dans votre éducation. Si vous avez intégré, grâce au changement de regard, que tout ce qui vous arrive, n’existe que parce qu’involontairement et inconsciemment, vous avez permis que cela se produise, alors vous pourrez vraiment accueillir les épreuves comme des révélateurs de vos propres scénarios. Et, vous pourrez ensuite, entreprendre de nettoyer les filtres qui ont pris le pouvoir sur votre vie, à votre insu.

 

Principe 4. Ne plus se nuire.

Dans la relation à nous-mêmes et aux autres, nous perdons l’équilibre parce que nous mettons des filtres de perception entre la réalité et nos besoins. Pour ne plus se nuire à soi-même, il est nécessaire de nettoyer ces filtres qui déforment notre perception de la réalité (FP) et de choisir nos réactions de manière moins inadaptée (FC).

Jean-Jacques Crèvecoeur aborde dans son livre de nombreux filtres de perception, tels ceux liés aux circonstances de notre conception et de notre naissance, aux expériences physiques et physiologiques vécues dans l’enfance et bien d’autres encore. Nous vous présentons ici que des filtres de perception qui sont liés aux expériences personnelles et au conditionnement socioculturel.

Il y a les filtres liés aux blessures et aux traumatismes émotionnels vécus dans l’enfance. Comme nous avons tendance à résister à ce qui fait mal, nous amplifions le phénomène et nous souffrons davantage. Avec comme conséquence que nous craignons encore plus que des situations similaires ne se reproduisent. Ce qui fait que, pour nous protéger d’une nouvelle souffrance éventuelle, nous filtrons les événements.

Les filtres de conditionnement mental résultent de tous les messages explicites et implicites que nous avons reçus à travers l’éducation, elle-même le reflet et le porte-parole de la socio-culture ambiante. Ces filtres sont porteurs de tous les jugements que nous portons à propos de tout, des croyances que nous avons développées à propos de l’existence, des valeurs morales qui déterminent ce qui est bien ou mal, des principes et des dogmes religieux qui définissent nos comportements. Cette catégorie de filtres est difficile à identifier et à conscientiser, car elle est partagée par un grand nombre d’individus d’une même région ou d’un même milieu. Ce n’est que lorsque nous sommes amené à rencontrer des individus d’autres milieux socioculturels, d’autres régions du monde ou d’autres religions que nous sommes tout à coup, déstabilisés, heurtés voire choqués par des comportements qui reflètent d’autres manières de concevoir le monde, la vie, les relations ou la religion.

La catégorie des expériences personnelles vécues antérieurement réfère aux conclusions que nous avons tirées de nos propres expériences traumatisantes. Par exemple, à partir d’une seule situation d’abandon, on peut généraliser quelque chose qui ne devait être qu’un événement particulier, unique, non répétitif. Mais, la charge émotionnelle ayant été tellement forte que, dès qu’on se retrouve dans une relation affective, notre filtre nous fait voir la réalité de manière totalement déformée. Et par notre comportement, on s’arrange inconsciemment pour que la situation d’abandon se répète indéfiniment. Jusqu’à ce que l’on finisse par se persuader que c’est notre destin.

Le filtre du conditionnement des comportements extérieurs réfère aux messages du style : ne fais pas ceci, fais cela, tais-toi, laisse parler les grandes personnes, attends qu’on te propose, ne demande pas, etc. Ces messages nous ont été tellement répétés que nous nous rendons même plus compte que nous les avons appris un jour. Au point que, nous avons même l’impression que notre façon de nous comporter est entièrement naturelle.

Le filtre du conditionnement des attitudes intérieures a la même origine que la précédente mais concerne la partie intériorisée de nos réactions. Il résulte de tous les interdits, les réprimandes et les contraintes imposés par le système éducatif, scolaire et culturel. Pour ne plus nous retrouver écartelé entre ce qu’on nous disait de l’extérieur et ce que nous ressentions à l’intérieur, nous avons trouvé comme solution d’intérioriser les injonctions externes et d’arrêter de ressentir. Parmi les conséquences les plus toxiques de ce conditionnement, Jean-jacques Crèvecoeur cite : ne pas ressentir ses sensations physiques et émotionnelles, ne pas suivre ses intuitions, se méfier de ce que l’on ressent, faire passer les besoins des autres avant les siens, ne pas exprimer ses émotions, résister à la douleur, réfréner ses pulsions, dissimuler ses défauts, etc. En fait, tous ces messages transmis influencent en permanence la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Comme nos relations extérieures ne sont que le reflet de ce qui se passe à l’intérieur, vous comprenez mieux pourquoi il est si difficile de construire des rapports sains avec les autres.

Une dernière catégorie de filtre, celle des conditionnements sexuels qui concernent plusieurs aspects. Il y a d’abord un conditionnement mental incluant tous les jugements, toutes les croyances à propos du sexe en général.  Il y a aussi toutes les images et les rôles associés au masculin d’une part, au féminin d’autre part. Les conditionnements sexuels déterminent également les comportements que l’on a à l’égard des personnes du même sexe et de celles du sexe opposé, en général.

 

De tous les phénomènes qui nous nuisent et nous empêchent de prendre soin de nos besoins psychologiques, relationnels et affectifs, les filtres de perception sont les plus puissants. Dans toutes les catégories de filtres, on retrouve les mêmes caractéristiques.

Premièrement, tous les filtres ont quelque chose de figé, de cristallisé, de sorte que le passé se répète à l’infini.

Deuxièmement, les filtres se présentent tous comme universels et naturels, alors qu’ils sont tous particuliers, relatifs et issus de conditionnement appris ou subis.

Troisièmement, nous avons tous tendance à nous identifier au contenu de ces filtres, qu’il s’agisse de croyances, de scénarios de vie, de comportements, d’attitudes intérieures. Et  nous finissons par dire que nous sommes ce que nous avons vécu !

Quatrièmement, à cause des filtres, même des situations objectivement différentes, nous les voyons comme si elles étaient semblables au passé.

Enfin, quand les situations sont trop différentes, on s’arrange pour manipuler l’entourage pour que finalement la scène se répète.

 

En quoi va consister le nettoyage de nos filtres ?

Tout d’abord, reconnaître et accepter que vous ayez des filtres de perception, même si vous n’en êtes pas toujours conscient. Accepter l’hypothèse que votre conception de l’existence et de la vie, que vos valeurs, que vos comportements, que votre religion, que votre sexualité, que tout cela n’est pas universel et que d’autres voient le monde autrement, vous permet déjà de prendre de la distance vis-à-vis de vos filtres de perception.

Deuxième étape du nettoyage : ne plus vous identifier à tous ces filtres.  Une  bonne partie de notre personnalité est constituée par nos filtres de perception et par les choix de réactions que nous faisons. Mais, ce que nous sommes ne se réduit pas à ces visions limitées du monde et de la vie.

Nous sommes attachés à ce que nous avons vécu, parce que nous avons appris à être fidèle à tout ce qui nous a conditionné, de peur d’être abandonné. Vous n’êtes plus obligé d’être fidèle à cette influence hypnotique que vos éducateurs vous ont fait subir.  Et, vous n’êtes pas  condamnés à répéter encore et encore les mêmes scénarios, parce qu’un jour vous en avez souffert, et parce que vous ne pouviez pas faire autrement que de les accepter.

Troisième étape du nettoyage : faire le deuil de notre toute-puissance et de notre universalité. Tant que nous ne sommes pas conscients du caractère très relatif et particulier de nos filtres, nous pouvons encore croire que le monde entier a les mêmes références, les mêmes valeurs, les mêmes visions que nous. Cela faisait de nous un être universel et tout-puissant.  Accepter l’idée que nous avons des filtres, que nous ne voyons pas la réalité telle qu’elle est, nous oblige, si nous voulons en sortir, à faire le deuil et à perdre cette position centrale dans l’univers.

Lorsque les trois premières étapes sont bien en place, nous pouvons enfin nettoyer nos filtres. Non pas les supprimer – c’est impossible -, mais les relativiser. Comment ? En osant faire de nouvelles expériences en conscience.

D’abord, en osant rencontrer des représentants d’autres modes de vie, d’autres cultures, d’autres religions, sans jugement, sans faux-semblant, sans prosélytisme.

Ensuite, en osant poser des actes qu’on n’a jamais posés jusqu’alors, pour vérifier que le ciel ne nous tombe plus sur la tête. Mais, comment sortir de l’emprisonnement et de la limitation d’un filtre de perception qui nous fait répéter encore et encore le même comportement inadapté ?

La première chose, ne plus résister à ce qui s’est passé mais accepté que ça se soit passé. Rappelez-vous, que c’est la résistance aux choses qui les maintienne et les amplifie.

Ne plus alimenter son filtre par de la résistance permet de faire la deuxième chose : oser refaire l’expérience en conscience. Jean-jacques Crèvecoeur vous suggère de commencez à vous entraîner sur des filtres peu importants, impliquant des situations à faible enjeu. Par exemple, on m’a dit, dans mon éducation, d’attendre qu’on me propose plutôt que demander ce dont j’ai besoin. Maintenant, en conscience, je fais l’expérience d’exprimer une demande explicite à l’autre et j’observe ce qui se passe. Il y a des milliers de filtres sur lesquels vous pouvez travailler de cette manière.

Le principe pour ne plus se nuire à soi-même, c’est d’accepter que les évènements se soient passés comme ils se sont passés. Ne plus y résister. Ensuite, oser refaire une expérience similaire, en tenant compte des enseignements du passé, malgré tout.  Si vous faites ce travail sur des centaines de petites choses qui sont autant de freins à votre fluidité, vous serez capable de le faire avec des événements où vos résistances sont plus fortes.

 

Ne plus se nuire à soi-même implique également de ne pas se rendre la tâche plus difficile qu’elle n’est. Ce travail de nettoyage et de dissolution des filtres est suffisamment difficile pour ne pas se mettre des bâtons supplémentaires dans les roues. Jean-Jacques Crèvecoeur vous conseille de ne pas vous mettre dans des conditions psychologiques, émotionnelles, affectives pénibles ou déstabilisantes. Cela veut dire de veiller à vous éloigner des pollutions émotionnelles et mentales que votre environnement pourrait dispenser.

À cet égard, il conseille d’éviter d’écouter les drames et les mauvaises nouvelles diffusés à profusion par le journal télévisé ou parlé, de ne pas écouter de la musique agressive et perturbante, de vous éloigner des gens négatifs et des personnes qui ne vous apportent rien. Enfin, de ne pas rester isolé, c’est-à-dire sans un réseau d’amis, de confidents et de personnes ressources sur qui vous pourrez compter en cas de besoin.

 

Principe 5. Prendre soin de soi.

Prendre soin de soi-même se réalise à travers cinq compétences complémentaires : identifier ses besoins, évaluer leur niveau de satisfaction, faire la distinction entre besoin et désir, poser ses limites clairement et s’engager vis-à-vis de soi-même.

 

D’abord, apprendre à identifier et à nommer vos besoins psychologiques.

Quels sont vos besoins sur le plan psychologique ? Dans la hiérarchie des besoins élaborée par Abraham Maslow, les besoins psychologiques sont les besoins de sécurité, d’appartenance et de reconnaissance.

Dans les besoins de sécurité, on retrouve : le besoin de sécurité physique, affective, d’environnement sécurisant, de protection, de stabilité, d’ordre, de limites claires, d’informations précises, de repères, d’avoir confiance, de comprendre, de maîtrise.

Dans les besoins d’appartenance, citons le besoin : d’avoir des amis, un amoureux, des enfants, une famille, des relations affectives, d’appartenir à une communauté, de soutien.

Les besoins de reconnaissance peuvent s’exprimer à travers le besoin : d’être reconnu, d’être respecté, d’attention, d’appréciation, de dignité, de justice, de communication, de contact, de statut, de stimulation, d’acceptation sans jugement.

Cette liste vous aidera à établir des liens entre un événement, votre interprétation, l’émotion ressentie et le besoin touché. Mais, puisque nous n’avons pas une conscience directe de nos besoins, c’est par essai et erreur que vous parviendrez progressivement à établir les liens entre vos besoins et les émotions que vous ressentez. Une fois ce travail accompli, vous pourrez alors nommer explicitement vos besoins psychologiques en cause.

 

En deuxième lieu, évaluer le niveau de satisfaction de chaque besoin et des stratégies comportementales.

Pour ce faire, observer vos comportements et vos stratégies adaptées ou inadaptées. Et, la question centrale à vous poser est : est-ce que je me respecte en faisant cela, en agissant de la sorte, en acceptant cela ? Cette question est à se poser chaque fois que vous agissez, que quelqu’un vous sollicite, chaque fois que vous répondez à une demande de quelqu’un.

 

En troisième lieu, discerner entre vos besoins et vos désirs.

Le désir, c’est la solution que l’on privilégie parmi toutes les solutions possibles pour satisfaire un besoin. Prendre soin de soi-même implique de respecter inconditionnellement son besoin, mais en étant souple sur la solution à mettre en œuvre pour le respecter.

Respecter son besoin n’est pas nécessairement égoïste. Car, l’idéal est de trouver une solution qui soit compatible avec les limites et les besoins de l’autre, mais sans faire de concession sur la satisfaction de votre besoin. Prenons le besoin d’amour ou d’affection par exemple. Si quelqu’un voit son besoin d’affection, de tendresse ou d’amour frustré, il a le devoir d’aller chercher ailleurs une autre personne qui pourra lui donner ce qu’il attend, pour préserver son équilibre psychologique.

 

En quatrième lieu, identifier et poser ses limites tant vis-à-vis des autres que de soi-même.

 Apprendre à dire non, simplement sans violence et sans agressivité. Apprendre à être doux avec soi-même, à être tolérant vis-à-vis de soi-même, est une condition essentielle du respect de nos besoins.

Lorsqu’un malaise existe dans une relation, très souvent nous savons assez bien ce que nous ne voulons plus. Par contre, nous ne savons pas toujours ce que nous voulons en lieu et place de cela. Pour chercher et trouver une solution, il faut que chacun exprime déjà son besoin ; c’est la première étape. Une façon d’exprimer son besoin, c’est de dire ce qu’on ne veut plus et d’inviter l’autre à faire de même. Une fois que chacun a identifié ce qu’il ne veut plus, une fois que les limites de chacun ont été posées, ensemble on peut chercher toutes les solutions qui respectent l’ensemble des limites énoncées.

Il est beaucoup plus efficace que vous établissiez une liste de ce que vous ne voulez plus avant d’entamer une négociation, plutôt qu’une liste de ce que vous voulez. La première liste est à 100 % sous votre contrôle et ne dépend que de vous. La seconde dépend de l’interaction avec l’autre donc de l’autre comme de vous. Elle est donc sujette à variation et à modification.

 

Enfin, en cinquième lieu, prendre l’engagement inconditionnel vis-à-vis de soi-même que l’on sera toujours là pour soi-même.

Vous engagez à être responsable de vos besoins, c’est déjà vous rappeler que la première personne sur laquelle vous pouvez toujours compter pour vous sécuriser, vous sentir relié aux autres et vous reconnaître, c’est vous-même. Si vous ne pouvez même pas compter sur vous-même, que pouvez-vous espérer des autres ?

Se donner à soi-même de la reconnaissance ou de la sécurité, ça s’apprend. Vous pouvez d’ailleurs commencer par des actes simples, comme faire des choses bonnes pour vous-même. Se dire à soi-même, se le répéter régulièrement : je serai toujours là pour moi, vous encouragera à poser des actes adaptés, dans la réalité, pour que vos besoins et vos limites soient respectés inconditionnellement.

 

Principe 6. Poser les actes appropriés pour satisfaire vos besoins.

Quels sont les actes que vous pouvez apprendre à poser pour prendre pour prendre soin de vos besoins psychologiques, relationnels et affectifs ?

En premier lieu, ne pas attendre des autres qu’ils prennent la responsabilité de la satisfaction de vos besoins.  Puisque les filtres de perception et de choix se sont construits autour de vos actes et de vos émotions qui les accompagnaient, seuls d’autres actes posés en conscience auront la puissance de nettoyer vos filtres et de satisfaire vos besoins. Ce sixième principe de vie, vous incite également à regarder à nouveau le monde extérieur tel qu’il est, et non comme nous croyons qu’il est.

Le deuxième acte consiste à exprimer votre réalité et votre vérité telles qu’elles sont. La stratégie la plus efficace, quand nous sortons d’une rencontre insatisfaisante – parce que nous n’avons pas pu ou su dire notre réalité – c’est de retourner voir la personne le plus tôt possible ou de la rappeler rapidement. Au début, il vous faudra peut-être des jours ou des semaines, pour reprendre contact. Puis, progressivement le temps entre l’événement déclencheur de votre frustration, la prise de conscience de celle-ci et l’acte que vous poserez pour reprendre contact sera de plus en plus court. Chaque fois que vous aurez posé un acte pareil, vous nettoierez un peu plus vos filtres et vous mémoriserez de nouvelles stratégies plus adaptées pour respecter vos besoins. Un jour, vous arriverez à exprimer votre réalité en temps réel, c’est-à-dire au moment même où l’événement extérieur déclenche la frustration. L’apprentissage progressif et l’entraînement permanent sont les éléments clés dans votre processus de rééquilibrage et de guérison.  Vous pourrez mettre à profit cette même stratégie d’action en deux temps pour toutes les autres compétences nécessaires au respect de vos besoins : exprimer vos émotions, exprimer vos besoins, faire des demandes explicites, poser vos limites, etc. Il est fort probable qu’au début de votre apprentissage vous deviez revenir chez votre interlocuteur pour lui exprimer ce que vous auriez dû lui dire la première fois. Malgré la peur du ridicule, du rejet ou des reproches, restez centré sur votre objectif, car il en va de votre bien-être et de votre santé.

Le troisième acte concerne le désamorçage des pièges relationnels et des jeux de pouvoir. Mentionnons ici, trois compétences importantes à acquérir : l’art de réussir les ruptures, la manière d’aborder un sujet de discussion avec quelqu’un avec qui un déséquilibre, une tension ou un  conflit latent se sont installés et comment formuler une demande relative à un besoin. Pour plus d’information sur ces compétences, je vous réfère aux capsules vidéos produites et à la formation offerte par Jean-Jacques Crèvecoeur.

 

Principe 7. Se faire confiance et lâcher prise pour se guérir soi-même.

Bien que tous nos comportements soient naturellement régis par des lois d’équilibre, notre éducation, notre histoire, notre culture, notre morale et notre religion nous ont fait basculer dans une rigidité psychologique de plus en plus grande. Cette rigidité a eu pour conséquence que nous avons appris à résister à ce qui nous arrive. En résistant à ce qui est, nous avons créé en nous des filtres de perception (FP) qui se sont interposés de plus en plus entre les événements et nous. Nous avons également crée des filtres de choix (FC) qui nous imposent, la plupart du temps, les mêmes réactions stéréotypées et inadaptées.

Et, cela nous a fait perdre la fluidité ; cette condition essentielle pour rester en équilibre dans un univers en changement. Du coup, au lieu de traverser l’existence avec souplesse, légèreté et adaptabilité, nous sommes presque tout le temps dans la résistance, dans le blocage et dans la souffrance, qu’il s’agisse de la relation à nous-mêmes ou à l’autre. Au lieu de rester dans un équilibre dynamique et dans un mouvement permanent, nous nous sommes installés dans nos croyances, dans nos jugements et dans nos souffrances par fidélité à ce système éducatif et culturel dont nous pensions  avoir besoin pour ne pas mourir de faim et de soif en tant que nourrisson ou bébé.

Potentiellement, nous avons aujourd’hui la capacité de prendre soin de nous. Pourtant, nous  restons figés dans un statut de dépendance, d’impuissance et d’incompétence. Du coup, la plupart des grands chocs psychologiques de l’existence, nous ne sommes ni capables de les encaisser, ni capables d’y répondre de manière adaptée, de sorte que nous devenons incapables de retrouver notre équilibre. Et, ne trouvant pas de solutions psychologiques adéquates pour satisfaire  nos besoins de sécurité, d’appartenance ou de reconnaissance, notre cerveau transfère le déséquilibre dans le plan organique et déclenche ce qu’on appelle communément une maladie. Nos maladies physiques sont bien souvent la transposition biologique d’un conflit psychologique qui n’a pas trouvé de solution sur le plan relationnel, affectif, communicationnel ou psychologique.  Rappelons que pour Henri Laborit, neurobiologiste, l’ensemble de la pathologie somatique était en lien avec l’inhibition de l’action gratifiante pour soi.  La clé de la guérison de nos maladies physiques ne se trouve donc plus uniquement dans la prise en compte de nos besoins physiques. La plupart du temps, il faudra travailler sur le rééquilibrage des besoins psychologiques. Mais, la clé de notre bien-être psychologique se trouve d’abord dans l’équilibre dynamique que nous sommes capables de garder en toute circonstance.

Ce n’est que lorsque les six premiers principes de vie auront été intégrés dans votre vie, que le septième pourra se mettre en route spontanément. Mais pour qu’il puisse être à l’œuvre, nous devons  cesser de mettre des barrières entre notre essence vitale et nous-mêmes. Et, se guérir soi-même, cela commence par ne plus être fidèle à ces principes éducatifs, moraux ou religieux qui nous ont été imposés dès notre tendre enfance et qui ont fait de nous des êtres dépendants et soumis.

Concrètement, cette infidélité consiste à se donner la permission de vivre pleinement. Ne plus seulement survivre, mais vivre. Vivre pleinement, c’est oser expérimenter de nouveaux  comportements, de nouvelles expériences, de nouvelles attitudes intérieures. Vivre pleinement, c’est oser faire des erreurs et comprendre qu’elles font partie d’un processus d’apprentissage ; où nous sommes des apprentis sages. Vivre pleinement, c’est aussi oser remettre en question ce qui nous a été  transmis comme des dogmes, des certitudes, des évidences, pour redevenir ouvert à ce qui arrive, sans jugement et sans rigidité. Cela implique de se remettre en question en permanence et de douter systématiquement de tout. Vivre pleinement, c’est laissé l’énergie d’amour et de tendresse circuler librement à l’intérieur de soi. C’est la laisser circuler librement aussi dans ses relations avec les événements, les autres et le monde, parce que tout, est le miroir de notre réalité intérieure.

Il ne s’agit pas uniquement d’être infidèle à ce qu’on nous a transmis de l’extérieur. Il s’agit aussi de l’être par rapport à notre propre histoire. Il est vital d’apprendre à être infidèle aux traumatismes que nous avons vécus, aux souffrances que nous avons ressenties, aux blessures émotionnelles que nous avons  gardées en nous et à la fausse identité que nous nous sommes forgée. Car, à défaut de guérir nos blessures émotionnelles, c’est notre mort psychique que nous entretenons un peu plus tous les jours.

Enfin, une autre infidélité qu’il est urgent de cultiver : l’infidélité par rapport aux méthodes de développement  personnel, aux outils de communications et aux approches thérapeutiques. Rappelons-nous que toutes  les  méthodes et approches ne sont que des outils. Utiles certes. Le danger, c’est de s’installer et de se réfugier dans une méthode ou une approche quelconque  pour faire face à la vie et de ce fait de troquer une forme de rigidité pour une autre.

 

En accomplissant tout ce travail, vous pourrez enfin rester centrés en vous-mêmes, ancrés dans votre corps et dans votre cœur. Vous pourrez vous laisser traversés par les flux d’énergie-informations entrantes et sortantes, sans aucune résistance. Car, ce n’est qu’en plongeant complètement dans la vie que vous pourrez retrouver toute votre fluidité pour assurer votre équilibre psychologique.  C’est là que l’essence de ce septième principe de vie prend toute sa place : se faire confiance, faire confiance en la vie et lâcher prise.

 

 

En conclusion, l’application de ces principes de vie vous aidera à prendre soin de vos besoins psychosociaux, de manière autonome, responsable et consciente, tant dans les relations avec vous-mêmes qu’avec les autres, pour maintenir votre équilibre psychologique et préserver votre santé physique.

 

 

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